danse du cerf, monastère de Karsha

A la découverte du Zanskar

Depuis les toits du monastère de Karsha Prières, festival du Molam, monastère de KarshaLe monastère de KarshaLe village de LangmiFamille de zanskarpas, village de KarshaDanse religieuse, festival du Gustor, monastère de StongdePause thé-beurré-salé, monastère de KarshaLes enfants du village de Karsha

 

L'ancien royaume du Zanskar rattaché maintenant à la région du Ladakh dans l'état Indien du Cachemire n'est composé que de quelques vallées posées à des altitudes comprises entre 3400 et 4400m. Situé à une distance à vol d'oiseau d'environ 900km de New-Delhi (la capitale indienne), le Zanskar ne peut s'atteindre qu'au prix d'un périple fatiguant combinant allégrement avion, bus, train, camion et à pieds. Les moyens les plus rapides pour s'y rendre passe par l'avion entre Delhi et Leh (capitale du Ladakh à 3600m d'altitude) puis deux journées de bus via Kargil, la vallée de la Suru et le col du Pensi la à 4400m. L'on atteint alors ce petit paradis tibétain en 4 journées éprouvantes en comptant 1 journée indispensable d'aclimatation à l'altitude à Leh. Une autre solution consiste à prendre un train Delhi - Jammu, un bus Jammu - Srinagar puis encore deux jours de bus entre Srinagar et Padum la capitale du Zanskar: cet ittinéraire risque cependant de vous laisser un mauvais gout dans la bouche si vous ne musardez pas en route (au moins à Srinagar).


Mais la notion du temps n'étant pas si importante au royaume des cieux, je conseille plutôt un trekking en guise de marche d'approche afin de s'imprégner tranquillement de la culture et de l'art de vivre de cette vallée.


Le royaume du Zanskar à longtemps été gouverné par deux rois issus de la famille royale du Ladakh. Ces deux rois avaient installé leurs capitales à Zangla et à Padum. Lors de l'accession de l'Inde à l'indépendance, la totalité de la région du Cachemire à majorité musulmane mais possédant une importante communauté boubhiste fut rattachée à l'Inde sous la pression des armes. Le Pakistan voisin s'appropria la partie nord de ce territoire et réclame depuis fort longtemps la restitution de la région de Srinagar qui de ce fait vit sous haute tension depuis presque 20 ans. Le Zanskar est longtemps resté en marge de ces problèmes du fait de son isolement total, la seule piste reliant la vallée au reste de l'Inde fut ouverte au début des années 1980.


Le coeur de la vallée, à 3500m d'altitude, est formé par le triangle Padum - Tungri - Tongde et c'est là que réside le pouvoir économique et politique du Zanskar. Padum la capitale est une petite ville triste à majorité musulmane, ce qui ne va pas toujours sans poser de problèmes dans une vallée boudhiste. Toute l'administration indienne y est regroupée, magistrats, préfet, police, armée, hopitaux, écoles, .... La ville est arrosée par la rivière Tsarap qui vient de l'Est et dont les berges abritent quelques villages de moyennes importances (Reru, Ichar, Testa) et certains monastères dont le plus célèbre est celui de Phuktal, accroché à la falaise dans un site grandiose et extrèmement sauvage.


Tungri est un gros village d'éleveurs et de cultivateurs, c'est un des rares villages de la vallée à ne pas avoir de problème d'eau pour irriguer les champs. Ce village abrite une école de médecine traditionnelle et une nonnerie. De Tungri en partant vers l'ouest l'on remonte la vallée de la Doda le long de la piste avant de rejoindre le col du Pensi la et de redescendre vers la vallée de la Suru (musulmane) et de rejoindre Kargil. En restant rive gauche de la Doda mais au nord-est de Tungri la piste rejoint en une dizaine de kilomètre le magnifique monastère de Karsha, le plus important de la vallée et de l'Est Himalayen. Ses bâtiments blanchis à la chaux brillent sur un pan de falaise et laisse penser à une proue de navire s'avançant au-dessus de la vallée. De 140 à 160 moines de l'école boudhiste des Gelugpas dépendent de ce monastère, centre du pouvoir religieux du Zanskar. En continuant encore plus au nord-est et en survolant la rivière Doda pour passer rive droite l'on atteint les premières maisons du village de Tongde dominé par son beau monastère. La montée pour l'atteindre est rude mais la vue y est peut-être la plus belle sur la vallée du Zanskar. Ce monastère est placé sous la protection de Paldem Lhamo, l'une des grandes protectrices de la foi. La vallée oblique alors vers le nord, les rivières Tsarap et Doda ont mélangées leurs eaux afin de former la rivière Zanskar que l'on appelle Chador en hiver lorsqu'elle gèle en surface. Le gros bourg de Zangla se trouve alors à une journée de marche de Tungri en redescendant la rivière Zanskar. Zangla est l'un des quatres gros villages de la vallée, ses habitants sont majoritairements paysans. Le village est dominé par les ruines de l'ancien palais royal dans lequel se trouve une petite salle de prière en activité. La visite est cependant déconseillée car le bâtiment menace de s'effondrer!!!


La vallée du Zanskar compte environ 15 000 habitants très majoritairement boudhistes et paysans. Les conditions climatiques très rudes et le manque criant d'eau ne permet pas une culture intensive, les villageois ne cultivent que de quoi survenir à leurs besoins propres et immédiats. Les principales cultures sont l'orge, les petit-pois et le blé. Les villageois possède parfois un petit potager dans lequel ils font pousser quelques pommes-de-terre, tomates, haricots et autres légumes. Il n'y a aucun arbre fruitier au Zanskar, les fruits sont rares et tous sont importés en camions du Ladakh ou de Srinagar. Le bétails se composent de Yacks, dzos et chèvres, chaque famille possédant généralement 1 ou 2 chevaux afin de se déplacer.


La vie des Zanskarpas est totalement imprégnée de la religion boudhiste et chaque acte de la vie est prétexte à une cérémonie orchestrée par les moines ou les nonnes. Du lever au coucher et même durant la nuit les zanskarpas sont en union avec leurs dieux et le milieu naturel dont leur survie dépend. La religion prone bien sûr le respect de ce milieu naturel et les divinitées sont omniprésentes: sur une montagne, au pied d'un arbre, à la naissance d'une source, au milieu d'un champs ou au bord d'une rivière. Le mode de vie des Zanskarpas n'a qu'assez peu évolué même si les mentalités des jeunes diffèrent maintenant de celles de leurs ainées. L'on peut encore retrouver le mode de vie ancestrale de ces populations tibétaines en hiver lorsque les touristes ont disparus et que les familles réunies retrouvent les vêtements d'antan et les occupations de toujours. Seuls quelques occidentaux assez privilégiés bravent alors les glaces de la rivière Zanskar afin de vivre quelques jours exceptionnels au rytme lent d'un des mondes les plus isolés de notre monde!


Si vous souhaitez vous renseigner sur le Zanskar ou les trekkings au Zanskar*, vous pouvez contacter Tanneguy d'Arfeuille au 06 31 22 96 13 ou bien écrire à l'Association à l'adresse suivante:


Association Française des Amis de Karsha

Les Rochers - Le Village

Place des Remparts

30700 Vallabrix

tél: 06 31 22 96 13

 

email : tda30700@laposte.net


*l'Association parraine chaque année l'organisation d'un ou plusieurs trekking au Zanskar dont la fabuleuse odyssée du fleuve gelé. Vous trouverez tous les renseignements dans la rubrique "trekking".

 

© photos Tanneguy d'Arfeuille, reproduction interdite.
 
Design © Archétype Informatique: création de site internet, Narbonne